Aly Horma, Président du Marrakech Grand Prix

 

Infomediaire : Des rumeurs circulent sur une éventuelle annulation du Morocco Race, que pouvez-nous dire à ce sujet ?
 
Aly Horma : Depuis que le Maroc est de retour dans le Calendrier FIA, une annulation n'a jamais été d'actualité.  On ne joue pas avec ce genre de choses. Nous organisons ici une manche d'un Championnat mondial. Autour de cela s'articule le montage d'un Circuit constitué de plus de 10km de blocs d'impact, de ponts, de structures lourdes tout autour du circuit, d'aménagements de la piste et de la voirie, de dispositifs médicaux, sanitaires, sportifs, … et j'en passe. Quand le écuries du Championnat et les TV du monde entier débarquent à Marrakech dans 5 jours, des milliers de personnes auront nettoyé, monté, réparé, installé, peint, posé, connecté, déblayé, planté, arrosé, câblé, transporté, formé ... pour que Marrakech et le Maroc brillent auprès de 420 millions de téléspectateurs dans le monde grâce aux diffusions planétaires d'Eurosport et des 75 chaines de TV qui reprennent son signal. 
 
Mais surtout, la confiance que nous témoigne Sa Majesté, avec le Circuit International Moulay El Hassan, revêt pour nous une importance et un encouragement, dont le sens du devoir et de la responsabilité sont inébranlables. 
 
Infomediaire : Comment se présente l’édition de cette année ?
 
Aly Horma : Elle se présente bien. Le Circuit est prêt. La Commission d'inspection FIA a déjà émis un avis favorable pour l'homologation du Circuit, qui accueillera cette année les épreuves du WTCC mais aussi de la Formule3000. Les préparatifs sont presque finis. Les premières remorques écuries passeront le port de Tanger ce weekend en provenance d'Italie, d'Allemagne, de France, d'Espagne et d'Angleterre. De belles animations ont également été installées et vont permettre aux petits comme aux grands de se divertir en marge des courses et du sport. Grace à Meditel, nous avons pu mettre au point une stratégie "grand public" forte qui permettra de faire de l'événement une véritable fête populaire.
Infomediaire : Les sponsors marocains ont-ils répondu présents ou bien avez-vous eu du mal ?
 


Aly Horma : Bien trop peu malheureusement. Concrètement, pour cette édition, le sponsoring couvre moins de 10% du budget d'organisation. Par ailleurs, aucun de nos sponsors de 2009 ou 2010 n'est présent à nos cotés cette année, malgré le retour du Maroc dans le Calendrier FIA et l'annonce du Circuit International Moulay El Hassan. Malheureusement, le sponsoring est plus proche de l'outil d'influence et de lobbying que de l'instrument de communication et de projection dans l'avenir. Le jeu est économiquement faussé sur ce plan. Nous orientons donc notre modèle économique sur d'autres axes, du moins nous essayons. Ce n'est certes pas facile. Mais nous relevons le challenge quand même … parce qu'on y croit !
 
 
Infomediaire : Et les pouvoirs publics ?
 
Aly Horma : Le soutien sans faille de la Wilaya de Marrakech et de la Commune ont toujours été indéfectibles. A leurs cotés toutes les autorités et services publics sans lesquels tout ceci ne serait qu’un rêve.
 
Infomediaire : Peut-on envisager de voir le Maroc organiser un jour un circuit de formule 1 ?
 
Aly Horma : C'est une décision qui nous dépasse. Si le rêve peut en effet nous animer, notre rôle ne peut que être celui d'un pont pour faciliter la réflexion et l'étude sur la base d'acquis. Humble avis d'un Marrakchi …. Un Grand Prix de Formule1 donnerait certes à Marrakech le turbo dont elle a besoin par ces temps de vaches maigres pour écarter toute incertitude qui s’est installée sur le positionnement de la Ville, son attrait, et sa force de frappe. Dans tous les cas, le Circuit International Moulay El Hassan est aujourd'hui homologué par la FIA au grade2, un grade au dessous de celui de la Formule1. A partir de la, seule une prise en main officielle de ce dossier pourrait donner la force et l’influence nécessaires pour offrir au Maroc toutes ses chances de s’inscrire dans le calendrier de l’un des trois plus grands événements sportifs au Monde - le seul récurrent, année après année, rassemblant près d’un milliard de téléspectateurs.